Des nouveaux émoticones

ou comment Facebook parque nos émotions

 

Ça n’arrive qu’aux autres

Lorsqu’en février dernier l’équipe de Facebook a proposé de réagir de six manières différentes aux articles, nombreux sont ceux qui se sont engouffré dans ces possibilités comme si tout un monde s’était ouvert devant nous.

emoticone

Afficher un émoticône en colère sur une publication annonçant qu’un SDF est décédé la nuit précédente à cause de froid ne fait pas de nous de saints, bien au contraire. C’est vrai que de s’indigner sur Facebook est plus simple que d’aller donner à manger et une couverture aux plus démunis. Il n’empêche que la majorité d’entre nous préfère rester bien au chaud, assis, et de laisser leurs doigts appuyés sur la touche j’aime afin de montrer aux autres que nous sommes touchés par cet article.

À l’heure où plus de 31% de la population mondiale est actif sur les réseaux sociaux, il était nécessaire d’offrir un minimum de choix aux internautes qui commençaient à devenir des liker professionnels, autant sur des bonnes nouvelles que sur des monstruosités.

Pour autant, sommes-nous si avides de tout pour ne pas comprendre (au minimum remarquer) qu’un émoticone qui pleure sur une annonce de décès par exemple ne sert strictement à rien mis à part communiquer à soi-même une émotion que l’on ressent de toute manière ?

Libérez nos émotions !

D’après les nombreuses interviews sur le sujet des émoticônes, les dirigeants de la firme internationale ont régulièrement évoqué le fait de vouloir permettra aux utilisateurs de Facebook d’exprimer leurs sentiments au plus près de la vérité. Seulement, je ne pense pas qu’une personne sur Terre s’exprime uniquement avec la joie, la colère, la tristesse, l’adoration, l’appréciation ou encore l’humour. L’être humain, avec au compteur 879 émotions détectées et certainement autant encore non étudiées ne peut se restreindre à choisir entre deux sentiments pour en exprimer une troisième non présente en émoticône.

Nous sommes en position de nous demander si nous avons encore le droit d’être anxieux, gêné, jaloux ou fier.

Donner nos avis peut nuire à notre santé

Beaucoup d’entre nous ont un jour ou l’autre hésité à publier un commentaire, une photographie ou à liker une page de peur de recevoir des avis négatifs ou pire encore, des commentaires désobligeants.

Cette dernière décennie a été riche en avancées juridiques et législatives, notamment en faveur des LGBT qui ont vu leur existence changée alors même que les communautés commençaient à désespérer. Néanmoins, sur Facebook, il ne se passe pas une journée sans que des milliers de commentaires de rétrogrades homophobes ne fusent. Non pas sur des articles choquants, mais simplement sur des annonces de mariages par exemple. Certains journaux du web comme 20min vont même jusqu’à désactiver les commentaires des articles concernés. Une question résulte de cette situation, nos avis sont-ils réellement nécessaires ? Notre pays promeut la libre expression, mais lorsque nous ne sommes pas concernés par le sujet, lorsque nous ne sommes pas homosexuel a t-on réellement le droit de déverser sa haine et son acculturation sous prétexte que cela ne nous convient pas ? Cet amour est dans la nature, il nous suffit de l’accepter, comme nous acceptons la couleur rouge ou le goût citron.

Cet article tu aimeras

Parmi tous les émoticones possibles (188 sur Facebook) il nous est impossible de ne pas remarquer que nous n’avons pa la possibilité de ne pas aimer.

Cette fonctionnalités est très demandée par les internautes, d’autant plus qu’aujourd’hui nous savons que Facebook y a déjà réfléchi sérieusement et que le test à été effectué en Espagne l’année dernière.

Cependant, après réflexion, chacun est capable de comprendre que cette fonctionnalité ouvrirait la porte à de nombreux problèmes. Ne pas aimer la photo du bébé de sa cousine est-ce vraiment correct ? Ou pire encore, bien sur, qu’une personne n’aime pas votre nouvelle photo de profil n’est-ce pas une déclaration de guerre ?

Au delà du mal être des adolescents étudié et sur-étudié depuis des années, il est question ici du mal-être latent de toute l’humanité. Nos complexes sont déjà bien assez affichés sur tous les murs de nos villes pour encore permettre à nos “amis” de nous rappeler que nous ne sommes pas un canon de beauté (malgré l’application soignée des nombreux filtres supprimant nos imperfections). Nous ne sommes pas prêts à ça !

 

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