Addiction aux réseaux sociaux : pourquoi influencent-ils nos comportements ?

Poster des photos via Instagram et comptabiliser les “like” des abonnés, afficher son point de vue et dévoiler son intimité en 140 caractères tout en vérifiant le nombre de followers sur Twitter, publier un commentaire sur une photo via Facebook et ajouter toujours plus d’amis, pour la recherche de quoi ? La popularité ? Le sentiment d’appartenance à un groupe ? Le besoin de faire comme tout le monde ? D’avoir une vie bien remplie ?

Oui ! nous sommes accros aux réseaux sociaux.

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous exposer et à nous regarder les uns les autres, à vérifier que nous sommes vus et à espérer que nous le sommes. Pour 48% des personnes de 18-34 ans, le premier geste du matin est de consulter les réseaux sociaux, certains passeront en moyenne 1h45 de la journée à checker leur écran, à réactualiser le mur, ou à commenter de nouvelles publications.

Même si il est vrai, les réseaux sociaux nous permettent d’occuper nos journées, ils représentent 28% du temps passé en ligne, dans le but de se divertir ou à apprendre de nouvelles choses. Cependant, il réside quand même un sentiment de culpabilité à la fin de la journée avec cette impression d’avoir perdu notre temps pour rien, mais malgré cela on recommence, on regarde les profils, on like de nouvelles photos et on reste là planté devant notre ordinateur à faire défiler l’écran.

Mais comment les réseaux sociaux transforment-ils nos comportements et nos interactions sur la manière d’appréhender le monde ?

L’impact émotionnel de l’utilisation des réseaux sociaux

Des chercheurs de l’Université d’Innsbruck en Autriche ont réalisé une expérience sur plusieurs participants qui ont utilisé Facebook pendant vingt minutes afin d’en évaluer leur humeur. Ils ont constaté que la plupart des participants étaient de moins bonne humeur et que certains ont eu le sentiment de perdre du temps à ne rien faire. Cependant, quand on leur pose la question pour savoir ce que leur procure le fait d’utiliser facebook, les utilisateurs répondent que cela leur permet d’améliorer leur humeur, les chercheurs qualifient cela de “prévision émotionnelle” c’est à dire la capacité à prévoir un futur état émotionnel.

Pour les chercheurs, les utilisateurs ne seraient pas conscients des effets négatifs qu’ont les réseaux sociaux sur leur humeur, ils auraient, de plus, tendance à sous-estimer l’impact positif ou négatif des publications sur leur vie. Cela résulte de la manière de l’utiliser, si l’on partage des photos ou si l’on commente des publications, l’humeur est différente de celle que l’on a quand on a un comportement passif, c’est à dire quand on se contente de regarder ce qui se passe et de faire défiler l’écran. Elle peut aussi dépendre de l’humeur des contacts, dans ce cas c’est un “effet de contagion émotionnelle”, qui s’explique par le fait que si l’un des contact partage ses sentiments par des publications, ils peuvent déteindre sur votre humeur.

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La vie rêvée créé sur réseaux sociaux – la création d’émotions

Les réseaux sociaux poussent l’utilisateur à montrer une image contrôlée de lui-même, il se met sous l’emprise de son moi idéal et de sa vision fantasmé en postant des photos non pas tels qu’il est mais tel qu’il aimerait être. Il peut ainsi jouer avec son identité, la créer, contrôler ce qu’on veut dévoiler et garder pour nous. La plupart des utilisateurs utilisent les réseaux pour montrer que leur vie est géniale et qu’elle est plus cool que celle des autres, photo de vacances, voyages, restaurant, passe temps,…  

Cependant, afficher une vie idéalisé peut avoir des effets néfaste sur l’utilisateur et sur les autres, en étant face à des personnes qui ont plein d’amis et qui font plein d’activités,  certains peuvent ressentir un sentiment de solitude, de se sentir pauvre émotionnellement.  Les réseaux sociaux tel que Instagram donnent à être le spectateur du bonheur des autres et à ressentir la sensation d’avoir une vie bien triste à côté.

Marine Normand le définit bien dans un de ses articles sur le blog Hastagueule, elle écrit : “Instagram, c’est l’une des pires choses qui soit arrivée à notre société. C’est la culpabilisation à coups d’intérieurs nickels et de daronnes parfaites qui jouent du ukulélé, c’est les filles mégabonnes qui prennent des photos au Club Med Gym alors que t’as repris trois fois de la brioche au petit-déjeuner, c’est les gens qui font la fête avec Kathleen Hanna, Tavi Gevinson et Tina Fey alors que tu bois un Monaco toute seule en terrasse d’un PMU qui donne à la fois sur le boulevard et sur le métro aérien.”

Les “likes” et les “coeurs” joue un rôle important dans ce sentiment d’appartenance, puisqu’ils nous donnent la preuve d’être regardés et appréciés, en prenant une photo toute simple du quotidien, l’interaction des autres utilisateurs via les likes et les coeurs va rendre cette scène plus intéressante en lui donnant de la valeur et de l’intérêt pour les autres.

Vidéo : Dépendance aux réseaux sociaux en 99 secondes

https://www.youtube.com/watch?v=LbXyq0VWvGM


De plus,  si nous avons ce besoin c’est parce que les interactions liées au réseaux sociaux augmentent notre popularité et notre confiance en soi. Lorsqu’une notification s’affiche sur notre écran, elle stimule le système de récompense de notre cerveau, qui est lui même lié à l’addiction. L’addiction aux réseaux sociaux est amplifiée par la réception de ses notifications qui motivent l’utilisateur à y retourner.



Source image : Pierre-Yves Sage
Addiction aux réseaux sociaux: Pourquoi Facebook et Instagram font-ils de nous des losers?
Julia Tissier – Cheek Magazine – 18/06/2015
http://www.huffingtonpost.fr/2015/06/18/addiction-aux-reseaux-sociaux-pourquoi-facebook-et-instagram-fo/
L’addiction aux réseaux sociaux : c’est grave docteur ? AUDREY LIBERGE – 18 AOÛT 2014
https://siecledigital.fr/2014/08/18/addiction-reseaux-sociaux/
Réseaux sociaux: 5 manières dont ils influencent nos comportements – Marine Le Breton – 05/10/2016
http://www.huffingtonpost.fr/2014/04/10/reseaux-sociaux-influence-comportements_n_5123479.html
We Hate Ourselves For Spending So Much Time On Facebook. So Why Do We Do It? ERIC JAFFE 04.08.14
http://www.fastcodesign.com/3028783/evidence/we-hate-ourselves-for-spending-so-much-time-on-facebook-so-why-do-we-do-it

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