Jeune femme en train de se prendre en photo avec une amie

Fear of missing out

FOMO. 4 lettres pour Fear of missing out, ou la peur de louper quelque chose. Avec 500 millions de tweets et 95 millions de photos et vidéos postées sur Instagram quotidiennement, le contenu des réseaux sociaux est enrichi en permanence. La tentation est forte de rester connecté en permanence.

Les réseaux sociaux sont alimentés quotidiennement à la fois par les particuliers, les marques et les médias. Le nombre de publications par jour se compte en millions. Les publications s’enchaînent et les médias sociaux sont devenu des médias de l’instant. À chaque situation nouvelle, insolite, à chaque information, les utilisateurs sont incités à les partager. L’utilisation des réseaux sociaux est devenu un réflexe entré dans les habitudes. Au restaurant, partager une photo du plat est devenu habituel ; sur Twitter sont partagés les réflexions du moment ; sur Facebook, les vidéos sont diffusées en live. Les réseaux sociaux deviennent également de plus en plus éphémères à l’instar de Snapchat.

Voir sans être vu

Face à cette abondance et aux publications éphémères, nombreux sont ceux qui essaient de consommer un maximum de contenu pour être au courant des dernières tendances. Les utilisateurs cherchent l’omniscience grâce à la possibilité de voir les publications de leur entourage: qu’ont-ils fait ce week-end ? Qui fréquentent-ils ? Que mangent-ils ? Les réseaux sociaux permettent d’être au courant de faits dont on n’aurait jamais pu prendre connaissance sans leur existence.

Les algorithmes du WYWA

Le réseaux sociaux submergent de contenu et nous donnent l’impression de l’éphémère pour nous donner envie d’être connecté en permanence. Car un internaute qui consomme c’est un internaute qui rapporte. Pour les retardataires, les algorithmes ressortent les publications que nous avons manquées, while you where away. Cependant, les publications qui ressortent sont-elles nécessairement les plus intéressantes ? Pas toujours, car ce sont celles qui rapportent le plus qui sont mises en avant. La solution est alors de faire une revue de ce qui s’est passé sur internet. Heureusement, les top tweets et les timelines sont là !

Vers l’anxiété et au-delà

L’abondance et l’instantanéité dans les réseaux sociaux est alors facteur de stress et de peur de manquer quelque chose. Pour combler cette peur, les individus deviennent hyperconnectés. Mais les conséquences négatives ne s’arrête pas là. De cette hyperconnectivité peut résulter une image négative de soi.

Consulter la vie des autres par le filtre des réseaux sociaux amène à la comparaison négative de soi et à la dévalorisation. Nombreux sont ceux qui trouvent que les autres réussissent mieux, font des activités plus intéressantes, ont davantage de succès. Cette FoMO touchent en particulier les jeunes et particulièrement les jeunes hommes (Przybylski et al, 2013). Ceux qui sont moins satisfaits de leurs compétences, de leur autonomie et de leur relation sont également plus propices à éprouver la FoMO. En résumé, les personnes peu satisfaites de leur vie et ayant une humeur générale plutôt mauvaise sont également enclins à éprouver le FoMO.

Les recherches soutiennent que la peur de manquer quelque chose est associée à une plus forte sensibilité aux expériences d’inclusion sociale et aux besoins d’appartenance. Ainsi, les personnes très touchées par la peur de manquer quelque chose paraissent porter une attention plus grande à l’état d’esprit des autres dans les interactions sociales positives et montrent un plus grand besoin d’approbation Ce besoin d’approbation pourrait mener à un usage des médias sociaux plus intensifs et donc à une possible addiction (Lai et al, 2016).

Savourer l’instant

L’instantanéité dans les réseaux sociaux peut mener à des sentiments partagés, entre la joie de découvrir des contenus intéressants et la dévalorisations que l’on peut éprouver. À la peur de louper quelque chose s’ajoute le manque de confiance en soi et le désir d’approbation de la part des autres utilisateurs. Les individus ont donc besoin de mettre fin à cette hyperconnectivité permanente facteur de stress et de dévalorisation. Ils revendiquent leur droit à la déconnexion et mettent en place des pauses sans smartphone ni internet. En réponse au FoMO, on voit apparaître un nouveau mouvement tourné vers un usage raisonné des réseaux sociaux : le JoMO ou Joy of missing out. Vous pouvez maintenant déconnecter sans culpabiliser, car après tout, nous n’avons pas le don d’ubiquité.

Ertzscheid, O. (2015). Fomo ? Wywa ! Yolo … Affordance.info http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2015/01/fomo-wywa-yolo.html

Przybylski, A. Murayama, K. DeHaan, C. Gladwell, V. (2013). Motivational, emotional, and behavioral correlates of fear of missing out. Computers in Human Behavior 29. 1841–1848. http://ac.els-cdn.com/S0747563213000800/1-s2.0-S0747563213000800-main.pdf?_tid=116d9278-ba42-11e6-8779-00000aacb361&acdnat=1480870540_8fe0b6d75813077669d64090646e9fc1

Lai, C. Altavilla, D. Ronconi, A. Aceto, P. (2016). Fear of missing out (FOMO) is associated with activation of the right middle temporal gyrus during inclusion social cue. Computers in Human Behavior 61. 516-521.

http://ac.els-cdn.com/S074756321630245X/1-s2.0-S074756321630245X-main.pdf?_tid=0b96e3a4-ba42-11e6-ad47-00000aab0f26&acdnat=1480870530_25415deaee7c960fdff8e4092059d2a2

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